Le show de quelques minutes livré par Ayra Starr à la mi-temps du match NFL entre les Eagles et les Jaguars, le 11 octobre à Londres, dépasse le simple moment de divertissement. Présentée par plusieurs médias africains comme la première artiste du continent à occuper cette place lors d’un match international de la ligue, la chanteuse nigériane de 24 ans s’est adressée à un public mondial, bien au-delà des amateurs d’Afrobeats.
Ce passage s’inscrit dans une trajectoire déjà jalonnée de premières. Le site kényan tnx.africa rappelle qu’Ayra Starr a été la première femme africaine à remporter le prix du meilleur acte international aux MOBO Awards, et la première artiste nigériane à dépasser le milliard de vues sur YouTube. La chanteuse, qui a étudié les sciences politiques et les relations internationales, insiste régulièrement sur sa responsabilité d’artiste. « En fin de compte, en tant qu’artistes, nous parlons pour la culture », a-t-elle déclaré à la BBC.
Pour l’Afrobeats, l’enjeu est celui de la visibilité. Le genre a longtemps été cantonné aux clubs et aux festivals de la diaspora avant de s’imposer sur les plateformes de streaming et dans les classements internationaux. Une mi-temps de la NFL, sport très peu associé à la musique africaine, offre une exposition d’un autre type, auprès d’un public familial et sportif. Ayra Starr, elle, répète que l’Afrobeats prospérait déjà en Afrique bien avant cette reconnaissance mondiale.
Aucune donnée d’audience n’a encore été communiquée pour cette rencontre. Les prochaines semaines diront si l’effet NFL se traduit dans les écoutes et dans les programmations des grandes scènes, alors que la chanteuse continue de défendre la place des femmes dans une industrie musicale encore largement dominée par les hommes.