Kwame Nkrumah est d’abord connu comme le père de l’indépendance ghanéenne et une figure majeure du panafricanisme. Avec « Nkrumah Showboy », dont la première partie est présentée ce 16 octobre au Théâtre national d’Accra, le dramaturge Chief Moomen choisit un autre angle : raconter l’homme avant le leader.
La pièce s’attarde sur l’enfance de Nkrumah à Nkroful, son village natal dans l’ouest du pays, puis sur sa formation. Elle suit le jeune homme au prestigieux Achimota College, avant son départ pour les États-Unis, où il étudie à l’université Lincoln puis à l’université de Pennsylvanie. Autant d’étapes qui ont forgé ses idées politiques et son engagement anticolonial, et que le grand public connaît souvent mal. C’est ce parcours de formation, entre le Ghana et les États-Unis, que la pièce place au centre du récit.
Ce choix répond à une ambition pédagogique. En montrant les années de formation, les doutes et les rencontres du futur président, les producteurs de Bambu Heritage Productions espèrent rendre ce personnage historique plus proche des jeunes Ghanéens, qui ne l’ont pas connu. Le recours à la musique et à la danse, très présentes dans le spectacle, doit aussi rendre le récit plus vivant qu’un cours d’histoire.
La présidence, le renversement de 1966 et l’exil feront l’objet d’un second volet. D’ici là, cette première partie pourrait intéresser les établissements scolaires et les familles, alors que le Ghana s’apprête à célébrer en 2027 les 70 ans de son indépendance.