Le film nigérian « Abeni » rejoint les projections de l’Africa International Film Festival ce lundi 2 novembre à Lagos. Le long métrage, annoncé à 20 heures sur les écrans 1 et 3, raconte l’histoire d’une jeune femme qui veut devenir forgeronne dans une société où ce métier est réservé aux hommes. Cette production de 110 minutes est coréalisée par Esse Akwawa et Samuel Olasehinde et inscrite dans la sélection des longs métrages du festival.
L’intrigue se déroule dans le village d’Ijero, où les traditions encadrent la vie collective. Abeni découvre son aptitude à travailler le métal et développe son savoir-faire en secret. Sa détermination attire l’attention des habitants et la méfiance des anciens, qui considèrent cette activité comme interdite aux femmes. Sa mère se retrouve alors face à un dilemme : protéger sa fille du regard de la communauté ou reconnaître un talent qui remet en cause les règles de leur environnement.
Le projet s’inspire d’un récit historique transmis oralement. Le tournage s’est déroulé pendant quatorze jours à Africhatta Film Village, dans l’État d’Oyo. « Abeni » constitue le premier long métrage de WEBEK Studios et un début de réalisation cinématographique pour Esse Akwawa. Le film réunit notamment Aishat Lawal, Tope Tedela, Ibrahim Chatta, Korede Soyinka et Adeniyi Johnson. L’ancrage dans l’univers culturel yoruba est central à la construction de ses personnages et de leurs conflits.
Le récit aborde la transmission des métiers, le poids des interdits sociaux et le droit de choisir son activité. La première présentation à l’AFRIFF fournit une vitrine à une œuvre qui relie récit patrimonial et questionnement contemporain sur la place des femmes. Son sujet est distinct des productions de genre ou des documentaires du festival : ici, c’est le travail du métal qui devient le cœur d’une confrontation entre destin personnel et normes communautaires.