Pour Awa Fanny, la création de contenu ne se résume plus à la recherche de visibilité. L’influenceuse ivoirienne de 24 ans la décrit comme une activité capable de générer des revenus, des collaborations commerciales et des métiers autour de la production numérique. Son expérience personnelle sert de point d’appui : ce qui a commencé sur TikTok comme un espace de divertissement s’est progressivement transformé en activité professionnelle.
Elle explique avoir rejoint la plateforme en 2021 avant de prendre la création plus au sérieux entre 2022 et 2023. À mesure que son audience grandit, les marques commencent à s’intéresser directement à son profil. Pour elle, la valeur ne vient pas seulement du nombre d’abonnés. Une communauté qui fait confiance au créateur, réagit à ses contenus et suit ses recommandations devient un argument concret lorsque des entreprises cherchent des partenaires capables de parler à une audience précise.
Awa Fanny élargit surtout le sujet au-delà des influenceurs visibles à l’écran. Une économie entière se construit autour d’eux : monteurs vidéo, photographes, designers, gestionnaires de réseaux sociaux, stratèges et techniciens. Dans un contexte où beaucoup de jeunes Africains peinent à accéder à un emploi salarié classique, elle considère que ces compétences numériques peuvent ouvrir d’autres portes. La notoriété n’est donc qu’une partie du modèle ; l’autre repose sur des services et des métiers moins exposés.
Son discours rejoint une transformation déjà visible dans plusieurs capitales africaines, où les marques consacrent davantage de budgets aux campagnes sociales et aux créateurs locaux. Pour durer, cette activité suppose toutefois de traiter sa présence en ligne comme un travail : comprendre son public, développer une identité claire, améliorer la qualité de production et négocier les collaborations. Awa Fanny défend ainsi une vision pragmatique de l’influence : un espace créatif, mais aussi une chaîne économique qui peut produire de vrais emplois.