Richard Mofe-Damijo associe une partie de sa longévité professionnelle à une règle simple : arriver avant l’heure. L’acteur nigérian, connu sous les initiales RMD, explique que cette discipline s’est construite très tôt, d’abord dans son éducation familiale puis au contact de personnalités comme Wole Soyinka et J. P. Clark.
Il raconte avoir travaillé avec J. P. Clark comme acteur résident au J.K. Randle Centre en 1984, avant de croiser Wole Soyinka dans un contexte de mise en scène. Ce qui le marque chez Soyinka n’est pas seulement l’exigence artistique. Si un rendez-vous est fixé à 16 heures, dit RMD, le dramaturge peut déjà être présent à 15 h 30. Cette attitude devient pour lui une référence sur la manière de respecter un travail collectif.
RMD relie cette ponctualité à une notion plus large de responsabilité. Sa mère lui répétait de ne jamais oublier « de qui il était l’enfant », une formule qu’il interprète aujourd’hui comme l’idée que chacun représente souvent plus que lui-même : une famille, une institution, une équipe ou une profession. Cette conviction l’a accompagné dans sa carrière d’acteur mais également pendant ses années de service public.
Après plusieurs décennies dans le cinéma et la télévision, il présente ces habitudes comme un héritage qu’il aimerait transmettre à son tour. La célébrité et l’expérience ne remplacent pas, selon lui, la préparation et le respect des autres professionnels. Son souvenir de Soyinka prend donc la forme d’une petite scène très concrète : arriver tôt, être prêt, et faire de cette ponctualité une manière de considérer le temps de tous ceux qui participent au même projet.