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Safohene Djeni, le « Nzema Bob Marley », laisse un immense héritage au highlife

Le musicien et animateur Safohene Djeni, surnommé le « Nzema Bob Marley », laisse plus de 100 titres et un héritage majeur pour le highlife régional.

Safohene Djeni, le « Nzema Bob Marley », laisse un immense héritage au highlife

Le Ghana a perdu l’une des voix qui ont consacré leur vie à la défense du highlife régional. Nana Safohene Djeni, musicien, guitariste et animateur surnommé le « Nzema Bob Marley », est décédé le 3 septembre après une courte maladie, selon les informations disponibles.

Ce surnom ne venait pas d’une simple ressemblance artistique avec la star jamaïcaine. Il traduisait surtout la place occupée par Safohene Djeni dans la culture Nzema et dans la région occidentale du Ghana. Pendant plusieurs décennies, il a utilisé sa musique pour préserver une identité linguistique, des rythmes et une manière de raconter la vie quotidienne qui risquaient de perdre en visibilité face aux tendances plus commerciales.

Son œuvre aurait dépassé les 100 titres répartis sur plusieurs projets. Safohene Djeni chantait notamment en nzema, en fante et en twi, combinant le jeu de guitare caractéristique du highlife avec des proverbes, des réflexions sociales et des leçons de vie. « Nea Ye Boe » est resté l’un des morceaux les plus fortement associés à son nom.

Son influence ne s’est pas arrêtée à sa propre génération. En 2017, le duo Wutah avait révélé que son succès « Bronya » avait puisé directement dans le travail du vétéran. Cette filiation montre que Safohene Djeni n’était pas seulement le gardien d’un répertoire ancien : il continuait d’alimenter la création musicale contemporaine. Sa contribution avait également été récompensée par un prix honorant l’ensemble de sa carrière aux Western Music Awards.

Il avait enfin prolongé son rôle culturel à la radio. En devenant animateur, il demeurait au contact du public et participait à la transmission de la musique et de l’identité Nzema bien au-delà de ses propres chansons.

La disparition de Safohene Djeni rappelle que le highlife ne constitue pas uniquement un genre national dominé par quelques grands noms d’Accra. Il s’est aussi construit dans les régions, les langues locales, les orchestres et les radios communautaires. Le « Nzema Bob Marley » laisse derrière lui plus qu’un catalogue : il laisse une mémoire culturelle qu’il faudra désormais préserver, numériser et transmettre.

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