Shaquille O’Neal a choisi une formule qui ne pouvait pas passer inaperçue. De passage à Kaunas pour assister au match d’Euroligue entre le Žalgiris et l’Olympiacos, l’ancien pivot des Lakers a estimé que le basket européen était « un peu meilleur » que le jeu pratiqué en NBA. Le quadruple champion NBA a immédiatement reconnu que cette opinion risquait de lui attirer de nombreuses critiques aux États-Unis.
Son argument ne repose pas sur l’idée que les effectifs européens rassembleraient davantage de stars. O’Neal a surtout insisté sur les fondamentaux, l’intensité collective et la manière dont le jeu est enseigné. Il a expliqué avoir longtemps considéré les joueurs européens comme particulièrement solides techniquement. Ce constat rejoint une évolution visible depuis plusieurs années : de nombreux joueurs formés en Europe occupent désormais des rôles centraux en NBA, tandis que les influences tactiques circulent dans les deux sens.
La déclaration a été faite en Lituanie, où Shaq était présent en tant qu’ambassadeur de NordVPN. Sa venue au Žalgirio Arena pour le match contre l’Olympiacos a donné une résonance particulière à ses propos. Le basket européen se trouve justement dans une période de forte exposition internationale, avec une Euroligue qui attire des joueurs expérimentés, des entraîneurs de premier plan et un public souvent associé à des ambiances très différentes de celles des salles NBA.
Comparer directement les deux compétitions reste délicat : les règles, la durée des matchs, l’espace disponible sur le terrain et les styles défensifs ne sont pas identiques. O’Neal n’a d’ailleurs pas présenté son avis comme un classement scientifique. Sa sortie nourrit plutôt un débat ancien sur ce que chaque modèle valorise. Venant d’un joueur qui a dominé la NBA pendant près de deux décennies, elle offre surtout un puissant coup de projecteur au basket européen au moment où l’Euroligue cherche à élargir son audience.
Le contraste est d’autant plus intéressant que Shaq a construit sa légende dans un basket NBA très physique, où son propre jeu reposait sur une domination individuelle exceptionnelle. En valorisant aujourd’hui les fondamentaux européens, il ne renie pas ce parcours : il distingue plutôt deux cultures de jeu et met l’accent sur la formation technique, la discipline collective et la lecture des situations.