Yetunde Alabi adresse un message direct aux jeunes femmes qui veulent entrer dans Nollywood : une carrière ne mérite pas de sacrifier ses limites personnelles. L’actrice et productrice, interrogée sur les réalités du métier, explique que les débuts peuvent exposer les artistes à de fortes pressions, à la peur de perdre une opportunité et au sentiment qu’il faut accepter n’importe quelle condition pour avancer.
Elle distingue toutefois son propre parcours des témoignages qu’elle a entendus dans l’industrie. Alabi dit connaître l’existence de récits concernant des pressions sexuelles ou des propositions déplacées, mais affirme ne pas avoir personnellement reçu de demande sexuelle en échange d’un rôle. Cette précision donne au sujet une portée différente : elle parle d’un environnement dont certains abus sont régulièrement dénoncés, sans présenter une expérience qu’elle n’a pas vécue comme la sienne.
Son conseil repose sur la capacité à dire non. Pour elle, les jeunes actrices gagnent à définir en amont ce qu’elles acceptent, les conditions dans lesquelles elles travaillent et les comportements qui constituent une ligne rouge. La construction d’un réseau professionnel fiable, la connaissance de ses droits et la possibilité de demander conseil à des personnes expérimentées peuvent également réduire la vulnérabilité de celles qui arrivent dans le secteur.
Le débat accompagne la croissance de Nollywood, devenu une industrie largement visible à l’international. Davantage de productions, de plateformes et de budgets créent des opportunités, mais augmentent aussi la nécessité de structures professionnelles solides. En répétant qu’aucun rôle ne vaut de « se perdre », Yetunde Alabi replace la réussite dans une perspective de long terme : une carrière se construit aussi par les conditions dans lesquelles on accepte de la mener.