Le chanteur nigérian Runtown est engagé dans un long conflit judiciaire avec son ancien label Eric Many Limited.

Runtown condamné à payer 319,7 millions de nairas à Eric Many

Runtown condamné à payer près de 319,7 millions de nairas à Eric Many : la Haute Cour du Territoire de la capitale fédérale, à Abuja, a tranché le long conflit opposant le chanteur nigérian à son ancien label. Dans une décision datée du 16 juillet 2026, le tribunal a estimé que le contrat d’enregistrement signé en juin 2016 n’avait pas été légalement résilié. Douglas Jack Agu, le vrai nom de l’artiste, reste donc tenu d’en respecter les clauses.

Comment le tribunal arrive à 319,7 millions de nairas

La plus grande partie de la somme correspond aux investissements et dépenses que le label affirme ne pas avoir récupérés. Le jugement ordonne le versement de 266,69 millions de nairas à ce titre. S’y ajoutent 50 millions de nairas de dommages et intérêts ainsi que 3 millions de nairas pour les frais de justice. Le total atteint ainsi environ 319,7 millions de nairas, sans compter les intérêts qui pourraient continuer à s’accumuler.

La décision prévoit en effet un intérêt annuel de 10 % jusqu’au règlement complet des sommes dues. Pour Runtown, l’enjeu financier pourrait donc augmenter si le litige se prolonge. Le jugement ne se limite pas à une indemnisation : il réaffirme aussi la validité du contrat et les obligations artistiques qui en découlent. C’est ce point qui pourrait avoir les conséquences les plus importantes sur la suite de sa carrière.

Runtown doit encore livrer des enregistrements à Eric Many

Le tribunal demande également à l’artiste de remettre au label les enregistrements maîtres nécessaires à la constitution d’un album. Tant que ses obligations contractuelles ne sont pas exécutées, Runtown et ses représentants seraient empêchés de produire de la musique, de se produire en concert ou de mener certaines activités commerciales en dehors de la gestion d’Eric Many. Cette restriction place le catalogue, les concerts et l’exploitation de son image au cœur du conflit.

L’affaire remonte à 2016, lorsque le chanteur avait tenté de quitter Eric Many après plusieurs désaccords sur sa carrière et la gestion de ses activités. Près de dix ans plus tard, le contentieux reste donc ouvert sur le plan public et artistique. Peu après la diffusion du jugement, Runtown a contesté la version présentée par le label et l’a accusé de faire circuler de faux ordres judiciaires.

Une nouvelle bataille judiciaire se profile

Le chanteur a affirmé qu’il ne remettrait ni ses mots de passe ni l’accès à son catalogue. Cette réaction laisse présager de nouvelles démarches et un possible prolongement du dossier. À ce stade, la décision rendue à Abuja constitue toutefois le principal élément juridique connu : elle maintient le contrat et fixe les sommes réclamées à l’artiste.

Cette affaire illustre le poids des contrats dans l’industrie musicale, particulièrement lorsque les droits sur les enregistrements, les avances et la gestion de carrière sont contestés. Sur ActuBuzz24, les tensions autour du secteur sont aussi visibles dans la condamnation de Suno dans un dossier lié à la musique créée par intelligence artificielle. Dans les deux cas, les tribunaux se retrouvent au centre de la définition des droits et des obligations des acteurs de la musique.