Donald Trump
Donald Trump, Giorgia Meloni et Emmanuel Macron face à un électorat jeune de plus en plus volatil et difficile à fidéliser.

Jeunes électeurs : le casse-tête de Trump, Meloni et Macron

De Washington à Rome en passant par Paris, une même inquiétude gagne les pouvoirs en place : comment conserver les jeunes électeurs ? Cette génération n’est ni politiquement homogène ni durablement acquise à un camp. Elle sanctionne rapidement lorsque les promesses économiques ne se traduisent pas dans le quotidien. Aux États-Unis, 66 % des 18-34 ans désapprouvent désormais l’action de Donald Trump, tandis que 96 % se disent préoccupés par le coût du logement, de l’alimentation, de l’essence ou des factures.

En Italie, le signal est encore plus spectaculaire pour Giorgia Meloni. Son gouvernement ne recueille que 25 % d’approbation chez les moins de 35 ans et sa coalition moins de 30 % d’intentions de vote dans cette tranche d’âge, contre près de 50 % pour les forces d’opposition. Derrière ce décrochage apparaissent des problèmes très concrets : faibles perspectives professionnelles, salaires, investissement dans l’éducation et départ de jeunes diplômés à l’étranger.

La situation française est différente. Emmanuel Macron ne peut pas se représenter en 2027, mais son camp doit réussir à transmettre son électorat à un successeur dans un paysage profondément fragmenté. Le RN reste en position de force dans la course présidentielle, tandis que l’abstention touche particulièrement les jeunes et que les formations contestant le système attirent une partie de cette génération.

Le véritable danger pour les gouvernements n’est donc pas une supposée « génération de gauche » ou « génération de droite ». C’est une génération beaucoup moins fidèle, qui juge d’abord les dirigeants sur le logement, les revenus, l’emploi et ses perspectives d’avenir. Pour Trump, Meloni comme pour les héritiers de Macron, convaincre les moins de 35 ans pourrait devenir l’un des principaux champs de bataille électoraux des prochaines années.