Près de trente ans après la mort de Tupac Shakur, son assassinat se retrouve enfin devant un jury. À Las Vegas, le procès de Duane « Keffe D » Davis a débuté le 17 août 2026. Seul homme jamais poursuivi dans cette affaire, l’ancien chef de gang est accusé d’avoir organisé l’attaque du 7 septembre 1996 en représailles à une bagarre survenue quelques heures auparavant. Tupac, touché à plusieurs reprises, était mort six jours plus tard à seulement 25 ans.
L’affaire fascine d’abord parce qu’elle constitue l’un des plus célèbres mystères de l’histoire du hip-hop. Pendant trois décennies, l’absence de procès a nourri documentaires, livres, témoignages contradictoires et innombrables théories. Tupac est entre-temps devenu une icône mondiale dont l’influence dépasse largement la musique. Le fait que les trois autres hommes qui se trouvaient, selon l’accusation, dans la Cadillac utilisée lors de la fusillade soient aujourd’hui décédés renforce encore le caractère singulier du dossier.
Mais le procès intrigue surtout par sa preuve centrale : les propres paroles de Keffe D. Dans des interviews, un entretien avec la police en 2008 puis ses mémoires publiés en 2019, Davis a raconté avoir été présent dans le véhicule et fourni l’arme. Sa défense affirme aujourd’hui qu’il aurait exagéré ou inventé ces récits pour attirer l’attention et vendre son livre.
Le jury doit donc trancher une question extraordinaire : peut-on condamner un homme presque trente ans après les faits en s’appuyant largement sur ce qu’il a lui-même raconté pendant des années ? C’est ce paradoxe qui transforme le procès Tupac en événement culturel autant que judiciaire.


