En France, ces appellations sont souvent utilisées comme si elles désignaient une seule « musique africaine ». Pourtant, l’Afrobeat, sans « s », est un genre nigérian développé à la fin des années 1960 par Fela Kuti, avec le rôle déterminant du batteur Tony Allen. Il associe highlife, funk, jazz, cuivres, percussions complexes et longs morceaux porteurs de messages politiques.
L’Afrobeats, avec un « s », est beaucoup plus récent. Le terme s’est imposé dans les années 2000 pour regrouper différentes formes de pop contemporaine venues principalement du Nigeria et du Ghana, puis diffusées par la diaspora britannique. Plus accessible et souvent plus courte, cette musique mélange rythmes africains, pop, R&B, hip-hop, dancehall et sonorités électroniques. Il s’agit davantage d’un mouvement ou d’une grande famille musicale que d’un genre unique.
L’amapiano est né en Afrique du Sud au début des années 2010. Cette variante de la house se reconnaît à son tempo relativement lent, à ses accords de piano, à ses influences jazz et surtout à ses puissantes basses de « log drum ». Le coupé-décalé, lui, est une musique ivoirienne festive apparue au début des années 2000 dans la diaspora ivoirienne à Paris, avant d’exploser à Abidjan grâce à Douk Saga, puis à des artistes comme DJ Arafat.
Le Rap Ivoire désigne enfin le hip-hop développé en Côte d’Ivoire. Il utilise fréquemment le français, le nouchi et des expressions locales, tout en mélangeant rap, trap, drill, coupé-décalé et rythmes ivoiriens. Portée notamment par Didi B, Suspect 95 ou Himra, cette scène possède une identité propre : elle raconte Abidjan, la réussite, la rue, les rivalités et les réalités de la jeunesse ivoirienne. (PAM | Pan African Music)

