La Côte d’Ivoire prépare l’application de nouvelles licences professionnelles dans le secteur des spectacles vivants. Du 15 septembre au 14 octobre 2026, le ministère de la Culture et de la Francophonie mènera une phase pilote consacrée aux licences B et C. L’objectif est de mieux encadrer les activités des producteurs, promoteurs, entrepreneurs de tournées et diffuseurs, avant une mise en œuvre plus large du dispositif prévu par la réglementation nationale.
Pour la licence B, destinée aux producteurs, promoteurs et entrepreneurs de tournées, les frais de dossier sont annoncés à 5 millions de F CFA, auxquels s’ajoute une caution bancaire du même montant. La licence C, visant notamment les diffuseurs, nécessitera 4,5 millions de F CFA de frais de dossier ainsi qu’une caution bancaire de 5 millions. Ces sommes importantes pourraient toutefois susciter des inquiétudes chez les structures culturelles disposant de moyens financiers limités.
Ce dispositif découle de l’arrêté n° 0750/MCF/CAB du 14 octobre 2025, qui fixe le régime des entrepreneurs de spectacles vivants en Côte d’Ivoire. Le texte prévoit trois catégories de licences, l’homologation des salles et la généralisation d’une billetterie informatisée pour les spectacles organisés dans les lieux de plus de 200 places. Le gouvernement présente cette réforme comme un moyen de professionnaliser le secteur, de sécuriser les investissements et de réduire les pratiques frauduleuses. Le ministère a engagé des échanges avec les organisations professionnelles afin de préparer cette transition.
La phase pilote permettra désormais d’évaluer les procédures avant l’application complète du système. Pour les professionnels, l’enjeu sera de déterminer si les conditions financières restent compatibles avec les réalités économiques du milieu culturel ivoirien. La réussite de la réforme dépendra également de l’accompagnement proposé aux petites entreprises, aux jeunes promoteurs et aux acteurs indépendants, qui pourraient éprouver des difficultés à mobiliser plusieurs millions de F CFA pour poursuivre leurs activités.

