Le gouvernement australien continue de défendre l’interdiction des réseaux sociaux imposée aux moins de 16 ans, malgré des résultats montrant que la majorité des adolescents restent connectés. Une étude du régulateur national indique que plus de huit jeunes sur dix utilisaient encore ces plateformes trois mois après l’entrée en vigueur de la mesure, le 10 décembre 2025.
Cette situation révèle les difficultés rencontrées par les plateformes pour vérifier efficacement l’âge de leurs utilisateurs. Certains adolescents auraient conservé leurs anciens comptes, tandis que d’autres auraient contourné les contrôles en modifiant leur date de naissance ou en utilisant les informations d’un adulte. Le régulateur eSafety affirme néanmoins que 4,7 millions de comptes appartenant potentiellement à des mineurs avaient été supprimés ou bloqués dès les premières semaines.
Le secrétaire d’État Andrew Leigh estime que l’existence de contournements ne signifie pas que la loi est inutile. Il compare la situation aux restrictions sur l’alcool, qui restent applicables même lorsqu’elles ne sont pas parfaitement respectées. Selon lui, l’interdiction a modifié les discussions au sein des familles et contraint les entreprises technologiques à assumer davantage de responsabilités envers les jeunes utilisateurs.
Canberra prépare désormais un renforcement du dispositif. Le gouvernement souhaite élargir les pouvoirs d’enquête d’eSafety et augmenter les sanctions contre les entreprises ne prenant pas de mesures raisonnables pour exclure les mineurs. Malgré ses limites, cette expérience reste suivie par plusieurs pays qui envisagent des restrictions similaires pour protéger les enfants contre les contenus dangereux, le harcèlement et l’utilisation excessive des plateformes.


