Un jury californien a déclaré Meta, maison mère d’Instagram, et Google, propriétaire de YouTube, responsables des préjudices subis par une jeune femme devenue dépendante de ces plateformes pendant son enfance. Cette décision, rendue à Los Angeles, constitue le premier verdict américain de cette ampleur portant directement sur la conception addictive des réseaux sociaux.
La plaignante, âgée de 20 ans au moment du procès, expliquait avoir commencé à utiliser YouTube dès l’âge de 6 ans et Instagram à 9 ans. Elle accusait notamment le défilement infini, la lecture automatique et les notifications d’avoir encouragé une utilisation compulsive, aggravant ses difficultés psychologiques. Les jurés ont estimé que les deux entreprises avaient fait preuve de négligence et n’avaient pas suffisamment averti les mineurs des risques associés à leurs services.
Les dommages accordés atteignent 6 millions de dollars, dont 4,2 millions à la charge de Meta et 1,8 million pour Google. Cette répartition correspond à une responsabilité évaluée à 70 % pour Meta et 30 % pour YouTube. TikTok et Snapchat, également poursuivis au départ, avaient conclu des accords confidentiels avec la plaignante avant le procès. Meta et Google contestent le verdict et ont annoncé leur intention de faire appel.
L’importance de cette affaire dépasse cependant le montant de l’indemnisation. La plainte visait la conception même des plateformes, et non les contenus publiés par leurs utilisateurs. En juin 2026, une juge a refusé d’accorder un nouveau procès aux deux groupes, estimant que les protections juridiques accordées aux plateformes pour les contenus générés par les utilisateurs ne couvraient pas nécessairement leurs choix de conception. Ce précédent pourrait désormais peser sur des milliers de procédures similaires engagées aux États-Unis.


