Le tribunal régional de Munich a donné raison à la GEMA dans son procès contre Suno, plateforme américaine spécialisée dans la création musicale par intelligence artificielle. Les juges ont estimé que l’entreprise avait utilisé sans autorisation des œuvres protégées représentées par la société allemande de gestion des droits d’auteur.
Suno devra communiquer les revenus tirés de ces utilisations et verser des dommages et intérêts, dont le montant sera fixé ultérieurement. La décision n’est toutefois pas définitive et peut encore faire l’objet d’un appel. Le tribunal lui interdit également de reproduire ou d’exploiter les morceaux concernés sans l’accord préalable des ayants droit.
La GEMA avait saisi la justice en janvier 2025 après l’échec de ses demandes de licence. Le dossier portait notamment sur six chansons célèbres, parmi lesquelles Forever Young, Atemlos, Mambo No. 5, Rasputin, Big in Japan et Daddy Cool. Selon l’organisme, Suno pouvait produire des titres ressemblant fortement aux œuvres originales, révélant leur utilisation dans son système.
Ce jugement pourrait peser lourdement sur l’avenir de la musique générée par IA en Europe. Il renforce l’idée que les développeurs doivent obtenir des licences et rémunérer les créateurs lorsque des chansons protégées servent à entraîner ou exploiter leurs modèles. Suno, valorisée à 5,4 milliards de dollars, reste confrontée à plusieurs autres procédures liées au droit d’auteur. (


